Quel est le type de reconstruction approprié à mon cas?

Tous les types de reconstruction ne conviennent nécessairement pas à toutes les patientes. Vous déciderez avec votre spécialiste en chirurgie plastique du type de reconstruction qui vous convient en tenant compte de vos besoins, de votre type corporel et de vos traitements antérieurs.

La meilleure méthode pour chaque femme dépend de plusieurs facteurs, notamment ceux-ci:

  • taille et forme des seins
  • nécessité de reconstruire un sein ou les deux
  • quantité de tissu corporel à l’abdomen, aux cuisses ou aux fesses
  • si vous avez reçu ou allez recevoir des traitements de radiothérapie
  • si vous avez subi une chirurgie abdominale

Quels sont les différents types de reconstruction mammaire?

Il y a trois grandes catégories de reconstruction:

1) Reconstruction avec implants

Cette chirurgie est généralement effectuée en deux étapes. D’abord, un expanseur tissulaire empli de solution saline est installé sous la peau et le muscle de la poitrine pour créer l’arrondi du sein. Une partie de la peau et du tissu mammaire ayant été retirés pendant la mastectomie, il faut habituellement étirer la peau restante et le muscle pectoral avant d’insérer l’implant mammaire permanent. Les implants temporaires (expanseurs tissulaires) permettent de gonfler progressivement les tissus en injectant un peu de solution saline dans les implants de deux à quatre fois par mois.

Au moins trois à six mois après la dernière injection de solution, on remplace l’expanseur tissulaire par un implant permanent. On termine l’intervention en donnant au sein sa forme finale avec la peau étirée.

2) Reconstruction avec vos propres tissus (reconstruction autologue)

Cette technique utilise du tissu prélevé sur une autre partie de votre corps. Ces techniques par «lambeaux» repositionnent des fragments de votre peau, vos muscles et votre graisse pour créer ou recouvrir le monticule mammaire.

Une reconstruction par lambeaux abdominaux (TRAM) fait appel à des muscles, de la graisse et de la peau de votre abdomen. Le lambeau peut soit demeurer relié à son apport sanguin initial, acheminé par un tunnel entre l’abdomen et le sein (lambeau TRAM pédiculé), ou être complètement détaché et formé en un monticule mammaire (lambeau libre).

D’autres procédures par lambeau épargnent les muscles et transfèrent des tissus vascularisés vers la poitrine à partir de l’abdomen (lambeau DIEP), des fesses (lambeau SGAP) ou des cuisses (lambeau TUG).


3) Reconstruction avec vos propres tissus et un implant

Ce type de reconstruction nécessite l’installation d’un petit expanseur tissulaire/implant ainsi que de la peau et du muscle prélevés dans le dos (lambeau de grand dorsal). Tout en demeurant partiellement attaché au corps, ce lambeau est transféré dans un tunnel passant sous la peau du dos vers le sein.

Bien que cette méthode fournisse une bonne part de la peau nécessaire, on manque souvent de chair pour former le monticule mammaire. On peut dans ce cas utiliser un expanseur tissulaire ou un implant pour étirer le muscle et le lambeau de peau transférés du dos. Plus tard, l’expanseur tissulaire est remplacé par un implant permanent.

Cette procédure particulière convient surtout aux patientes ayant subi une mastectomie suivie de radiothérapie, ou lorsque les autres procédures par lambeau sont exclues. Elle n’est pas recommandée si vous effectuez régulièrement des mouvements répétitifs et ardus avec les bras au-dessus de la tête.

Quels sont les pour et les contre de chaque technique?

  Implant/expanseur Tissu autologue
Chirurgie 2 chirurgies brèves (2 heures) 1 procédure plus longue(6-8 heures, microchirurgie)
(3-4 heures TRAM, grand dorsal)
Hospitalisation Chirurgie d’un jour ou séjour d’une nuit Environ 1-2 jours pour un TRAM pédiculé
Environ 5 jours pour un DIEP gratuit
Rétablissement 2 semaines après l’insertion de l’expanseur tissulaire 6-8 semaines
Cicatrices Cicatrice de la mastectomie Cicatrice de la mastectomie et sur le site donneur
Forme et toucher Pas d’affaissement naturel, demeure ferme Toucher souple, naturel
Autre sein Plus de changements nécessaires pour symétriser avec l’implant Peu de changements nécessaires pour symétriser avec l’implant
Complications Sein plus ferme au toucher et d’apparence moins naturelle avec le temps Risque minimal d’échec complet avec le TRAM pédiculé;
1-3% risque d’échec de la microchirurgie avec perte totale du lambeau,
faiblesse abdominale, protubérance, hernie

Peut-on reconstruire un mamelon ou une aréole?

Il est préférable de laisser votre sein reconstruit «reposer» pendant au moins trois mois pour positionner le mamelon et l’aréole au bon endroit. La reconstruction du mamelon et de l’aréole est réalisée en chirurgie de clinique externe, habituellement sous une seule anesthésie locale. Cette procédure cause habituellement très peu d’inconfort.

Le mamelon peut être refait avec le tissu et la graisse du sein reconstruit. Si le mamelon de votre sein naturel est proéminent, une portion de ce dernier peut servir de greffon dans le cadre d’une procédure appelée « partage de mamelon ». On peut également utiliser un petit morceau de chair prélevé dans la région labiale. L’aréole peut venir d’une greffe de peau prélevée sur votre cicatrice abdominale (si vous avez subi un TRAM/DIEP) ou du repli de peau à l’intérieur de la cuisse.

Une procédure de tatouage constitue la touche finale de la reconstruction de l’aréole et du mamelon. On reproduira au plus près la couleur de votre aréole existante lors d’une intervention mineure en milieu hospitalier ou chez des spécialistes en tatouage médical plusieurs mois après la reconstruction du mamelon et de l’aréole.

Les implants mammaires sont-ils sécuritaires?

Les implants remplis de solution saline ou de gel de silicone sont tous deux sécuritaires et disponibles au Canada. Les risques associés aux implants concernent la fermeté des seins (contracture capsulaire) et la rupture de l’implant. La possibilité de rejet de l’implant par l’organisme est très faible.

Même si par le passé on a associé les implants de gel de silicone à un risque de cancer du sein et de certaines maladies auto-immunes rares, les recherches n’ont trouvé à cet égard aucune preuve de relation de cause à effet. La nouvelle génération d’implants remplis de silicone contient un gel plus épais et plus cohésif qui tend, en retour, à mieux conserver sa forme.