Pouvez-vous faire quelque chose pour réduire votre risque de cancer de l’ovaire?

L’ablation chirurgicale des ovaires et des trompes de Fallope est la seule méthode éprouvée de réduire votre risque de contracter un cancer de l’ovaire. Les trompes de Fallope seront aussi retirées parce que vous êtes également à risque élevé de contracter un cancer des trompes.

Votre spécialiste en counseling génétique ou votre médecin peuvent vous référer en gynécologie, habituellement vers un-e spécialiste en oncologie (gynécologue oncologue). C’est cette personne qui discutera avec vous des options de gestion de risque dans votre cas, et qui procédera à la chirurgie préventive.

Dépistage

Le cancer de l’ovaire peut-il être dépisté?

Malheureusement, aucun examen ne permet de détecter de façon fiable le cancer de l’ovaire à un stade précoce.

Le cancer de l’ovaire est difficile à détecter dès ses débuts. Les symptômes peuvent être subtils et confondus avec ceux d’autres maladies. C’est pour cette raison que le cancer de l’ovaire est souvent détecté à un stade plus avancé, lorsque le traitement a moins de chances de succès. Pour en savoir plus sur le cancer de l’ovaire et ses symptômes, visitez le site Web de Cancer de l’ovaire Canada.

Les examens suivants sont utilisés pour évaluer les symptômes liés au cancer de l’ovaire – ils ont également servi à dépister des femmes à risque élevé, mais leurs résultats ne sont pas fiables

 

 

EXAMEN PELVIEN

Pendant un examen pelvien, votre médecin va palper ou comprimer légèrement le bas de votre abdomen en essayant d’évaluer la taille, la forme et la consistance des ovaires et de l’utérus.

ÉCHOGRAPHIE TRANSVAGINALE

Une échographie transvaginale est une procédure qui utilise des ondes sonores pour créer une image de l’utérus, des ovaires, des trompes de Fallope et du col de l’utérus.

ANALYSE DU SANG CA-125

Cette analyse détermine les niveaux d’une protéine du sang appelée CA125. Les niveaux de CA125 sont parfois plus élevés chez les femmes ayant un cancer de l’ovaire.

 

OCCEnCancer de l’ovaire Canada est la seule œuvre de bienfaisance enregistrée au Canada vouée à vaincre le cancer de l’ovaire. Pour obtenir davantage d’information, visitez le site web du Cancer de l’ovaire Canada.

Pourquoi ces tests ne sont-ils pas fiables pour le dépistage?

Vos ovaires et vos trompes de Fallope sont de petits organes profondément enfouis au centre de votre corps et entourés par de plus gros organes. C’est pourquoi il est difficile de détecter un cancer de l’ovaire à un stade précoce en utilisant des techniques d’imagerie médicale comme l’échographie. Il est également difficile pour un médecin de palper les ovaires à partir de l’extérieur du corps. L’analyse du sang CA125 n’est pas non plus un outil efficace de diagnostic, parce que les niveaux de CA125 peuvent être élevés en raison d’autres maladies, comme les fibromes et l’endométriose. De plus, les niveaux de CA125 ne sont pas toujours élevés en présence d’un cancer de l’ovaire.


Chirurgie préventive

la prise de contraceptifs oraux

Les contraceptifs oraux réduisent de 50 à 60% le risque de cancer de l’ovaire.[[1] . Il faut savoir qu’il y a d’autres risques associés aux contraceptifs oraux, dont un risque accru de cancer du sein, de caillots sanguins et d’AVC.
Pour plus de renseignements, parlez à votre médecin.

La chirurgie consistant à retirer les ovaires et les trompes de Fallope d’une femme avant l’apparition de tout signe de cancer de l’ovaire est une stratégie de réduction du risque appelée salpingo-ovariectomie bilatérale (SOB) prophylactique. Cette chirurgie est seulement recommandée aux femmes dont le risque de contracter un cancer de l’ovaire est beaucoup plus élevé que la moyenne.

Pour une porteuse de la mutation BRCA, une SOB peut réduire de 80 % ou plus le risque de développer un cancer de l’ovaire, des trompes de Fallope ou du péritoine.

Le cancer péritonéal se développe dans votre péritoine (l’enveloppe de votre cavité abdominale). Le risque de contracter un cancer péritonéal est de 2 à 4% dans les 20 ans suivant une chirurgie. [2]

Quel est l’âge recommandé pour subir une SOB?

Il est recommandé aux femmes porteuses d’une mutation BRCA de subir une ablation des ovaires et des trompes de Fallope entre 35 et 40 ans.

Les facteurs suivants vont influencer l’âge idéal pour vous:

  • Le fait d’être porteuse de la mutation BRCA1 ou BRCA2
  • vos antécédents familiaux (en particulier, l’âge qu’avait la plus jeune membre de votre parenté à avoir contracté un cancer de l’ovaire)

Vous pouvez toutefois recourir à cette chirurgie après 40 ans, à condition d’être en bonne santé. Discutez-en avec votre médecin.

Qu’est-ce qu’une SOB?

C’est l’ablation de vos ovaires et de vos trompes de Fallope. Cette chirurgie est pratiquée par un-e spécialiste en chirurgie gynécologique ou en oncologie gynécologique.

Après la chirurgie, des tissus de vos ovaires et de vos trompes de Fallope seront examinés en pathologie pour détecter tout signe de cancer précoce.

 


Il existe trois principaux types de SOB préventive:

1. SOB laparoscopique

 

 

Lors de la chirurgie laparoscopique, le ou la chirurgien-ne fera habituellement quelques petites incisions (de 0,5 à 1,5 cm de longueur): une dans votre nombril et une au dessus de chaque ovaire. Un tube muni d’une toute petite caméra est ensuite inséré dans l’une des incisions pour permettre de voir vos ovaires. On retirera ensuite vos ovaires et vos trompes de Fallope par les autres incisions.

Dans cette procédure, la petite taille des incisions réduit la période de rétablissement à environ 2 semaines. Les cicatrices seront également discrètes.

 


2. SOB abdominale

 

Dans certains cas, il faut pratiquer une grande incision pour enlever vos ovaires. Il s’agira alors d’une incision horizontale au bas-ventre, juste au-dessus de l’os pubien, pour compléter la chirurgie. La période de rétablissement sera alors plus longue que pour une SOB laparoscopique (environ 6 semaines).


3. Hystérectomie totale

Vous pouvez choisir de subir une ablation de l’utérus et du col (hystérectomie) en même temps que votre SOB. Cela peut se faire par laparoscopie ou par voie abdominale.

ÉLÉMENTS À CONSIDÉRER AU MOMENT DE CHOISIR OU NON L’HYSTÉRECTOMIE:

Risque de cancer de l’endomètre
Les femmes à risque élevé qui décident de prendre du tamoxifène pour réduire leur risque de cancer du sein seront à risque plus élevé de contracter un cancer de l’endomètre

Options d’hormonothérapie substitutive (HTS)
Si vous êtes préménopausée, on vous offrira peut-être une hormonothérapie substitutive (HTS) visant à gérer les effets secondaires d’une ovariectomie. Le type d’HTS différera selon que vous avez ou non conservé votre utérus.

Antécédents de problèmes d’utérus ou du col de l’utérus
Une hystérectomie peut être recommandée si vous avez des antécédents de problèmes à l’utérus ou au col (p. ex., des fibromes ou de l’endométriose).

 


Andrea parle de sa chirurgie

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Quels sont les effets secondaires d’une SOB de réduction du risque?

Effets secondaires les plus courants après une ovariectomie:
  • Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes
  • Sécheresse et irritation vaginales
  • Baisse de l’appétit sexuel
  • Insomnie (difficulté à dormir) et épuisement
  • Problèmes urinaires (incontinence et infections)
  • Problèmes de mémoire et de concentration

L’ablation des ovaires va entraîner plusieurs changements dans votre organisme. Si vous êtes préménopausée au moment de la chirurgie, vous serez placée en état de ménopause chirurgicale en raison de la baisse soudaine de vos niveaux hormonaux (estrogène, progestérone et testostérone). Apprenez-en plus sur la ménopause.

Les effets secondaires ménopausiques d’une SOB sont souvent difficiles à vivre pour les jeunes femmes préménopausées dont la ménopause naturelle n’avait pas encore débuté. Dans leur cas, les symptômes ménopausiques apparaissent très soudainement et peuvent être plus sévères que ceux d’une ménopause naturelle.

L’apparition et l’intensité de ces effets secondaires varie d’une personne à l’autre.

Si vous êtes préménopausée, l’ablation de vos ovaires peut également augmenter votre risque de contracter une maladie cardiaque en vieillissant. Vous aurez aussi un risque accru d’ostéoporose (amincissement des os) en vieillissant.

Que puis-je faire pour gérer les symptômes d’une ménopause chirurgicale?

La gestion des symptômes ménopausiques varie d’une femme à l’autre et est basée sur votre historique de santé, vos antécédents familiaux et votre situation.

Faire les choix santé suivants peut également vous aider à gérer certains de vos symptômes:

  •  Minimiser la consommation d’alcool, de caféine et d’aliments épicés
  • Faire de l’exercise
  •  Arrêter de fumer

Si vous étiez préménopausée avant de subir une SOB, on vous proposera peut être une hormonothérapie de remplacement (HTR) pour gérer les symptômes ménopausiques. Il existe des pilules et des patches qui contiennent des hormones telles les œstrogènes et les progestatifs. Votre médecin peut vous renseigner sur les risques et avantages de l’HTR et vous conseiller celle qui vous convient le mieux.

Pour les femmes que des raisons médicales empêchent de prendre des hormones, les bouffées de chaleur peuvent être traitées avec de faibles doses d’antidépresseurs et d’anticonvulsivants.

La sécheresse et l’irritation vaginales sont traitées avec des hydratants et des lubrifiants vaginaux.

Un œstrogène en application locale (appliqué directement au vagin) peut être recommandé en l’absence d’hormonothérapie de remplacement.

Farah et Natalie parlent des effets de leur ménopause précoce

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…l’ovariectomie a un impact presque plus fort, en raison de ses effets internes, la façon dont elle vous affecte. Les bouffées de chaleur – il m’est devenu très rare de faire des nuits complètes –, ces choses sont plus difficiles à vivre 

Natalie
 Certaines femmes trouvent que l’ablation des ovaires ne change pas leur corps, alors que d’autres, comme Farah et Natalie, notent une grande différence après la chirurgie.

 

Écoutez des femmes parler des changements après une ovariectomie


Prendre votre décision de subir une ovariectomie préventive

Tracy, Melissa et Tori parlent de comment elles ont pris leur décision

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Je ne suis pas prête… Parce qu’il y a des risques à long terme: la santé des os, la santé cardiovasculaire. Qu’est-ce qui est pire? Voilà où j’en suis.

Melissa
Tracy a su immédiatement qu’elle voulait une SOB, alors que Mélissa peine à prendre une décision. Il est difficile de décider d’une ablation de ses ovaires avant d’avoir le moindre signe de cancer. Plusieurs femmes choisissent de subir la chirurgie à un moment ou l’autre, mais il peut s’avérer ardu de savoir quand l’on est prête. Quant à Tori, elle veut retarder sa chirurgie pour avoir d’abord un enfant.

Votre décision est très personnelle et dépendra de ce qui est bon pour vous à cette période de votre vie. Il importe de bien comprendre l’impact de votre âge sur votre risque. C’est un sujet que vous voudrez probablement aborder avec votre médecin ou votre spécialiste conseil en génétique.

Andrea parle de son soulagement après son ovariectomie

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J’avais l’impression d’avoir une ou plusieurs petites bombes à l’intérieur de mon corps et je voulais simplement les faire enlever.

Andrea

sujets de réflexion

Il n’est pas facile de savoir quand subir une chirurgie des ovaires. Pour vous aider à prendre une décision, vous pouvez vous poser les questions suivantes:

  • Est-ce que je comprends mes risques de développer un cancer de l’ovaire à mon âge?
  • À quel point suis-je préoccupée par mon risque de cancer de l’ovaire?
  • Est-ce que je veux concevoir des enfants dans l’avenir?
  • Suis-je prête à gérer des symptômes ménopausiques soudains, qui risquent d’être prolongés?
  • Ai-je besoin de soutien pour prendre ma décision? Est-ce que j’aimerais contacter d’autres femmes qui ont vécu la même chose que moi?
  • Il peut s’avérer utile de rédiger un journal personnel de vos expériences et de vos réflexions. Vos sentiments peuvent changer au fil du temps. Écrire sur votre cheminement peut vous aider à gérer des sentiments pénibles. Rédiger un journal peut également vous fournir des éléments importants pendant que vous prenez votre décision et réfléchissez à votre situation.

 

questions à poser à votre médecin

Vous voudrez peut-être poser certaines des questions suivantes à votre gynécologue ou votre gynécologue-oncologue au sujet de la gestion de votre risque de cancer de l’ovaire:

  • En tenant compte de mon âge, de mes antécédents familiaux et la présence d’une mutation BRCA, quelles sont vos recommandations pour la gestion de mon risque?
  • Si je choisis de subir une chirurgie préventive, quelle procédure chirurgicale recommanderiez-vous? Quels sont les pour et les contre de chaque procédure?
  • Comment vais-je me sentir après la chirurgie? Combien de temps faudra-t-il pour mon rétablissement?
  • Quels genres d’effets secondaires vos patientes ont-elles vécus après la chirurgie? Comment les avez-vous aidées à gérer ces effets secondaires?
  • Je suis préoccupée par les effets secondaires d’une ménopause chirurgicale. Que pensez-vous de l’HTR, et quelles sont les autres options disponibles pour gérer les symptômes ménopausiques?
  • Si je décide de ne pas subir de chirurgie ou à tout le moins de la reporter à plus tard, quelles autres choix me recommanderiez-vous?
  • Est-ce qu’il y a d’autres éléments que je devrais prendre en compte au moment de prendre cette décision?
  • Écrivez toutes les autres questions que vous aimeriez poser à votre médecin.